Jacques Lindecker

    

 

 

 

 

 

 

   (Photo ci-dessus : la Villa Médicis à Rome où Jacques Lindecker a été pensionnaire en 1994-1995)

C’est en 1996, sur un court de tennis, que j’ai fait la connaissance de Jacques Lindecker. Nouvel arrivé au Tennis-Club de Guewenheim et à la recherche de partenaires, j’y avais épinglé une affichette avec mes coordonnées. C’est Jacques qui m’a appelé pour une première rencontre. Après peu d’échanges, il est apparu que nous étions de force comparable au tennis et que nos parties promettaient d’être acharnées.

Lors de la pause entre deux jeux, je me suis enquis de son activité en-dehors des courts de tennis. A ma grande surprise, Jacques m’a répondu : « Je suis écrivain. »

Voilà comment a commencé une amitié de dix ans placée sous les heureux auspices du sport et des lettres. Janus moderne au pied agile et à la plume alerte, Jacques est depuis lors mon partenaire privilégié sur les courts et mon mentor en littérature. 

 

A travers une rapide notice biographique, je vous invite à découvrir la personnalité de mon ami et un aperçu de son oeuvre.

 

 

 

 

 

 

Jacques Lindecker en 2007. 

 

Né en 1960, Jacques grandit à Guewenheim dans une famille modeste. Son père, ancien incorporé de force, est chaudronnier à la gare du nord à Mulhouse puis employé au relevé des compteurs d’eau, tandis que sa mère s’occupe du foyer.

Après l’école primaire du village, Jacques fréquente le collège de Masevaux pendant les deux premières années où j’y ai enseigné, mais sans que nos chemins se croisent. A sa sortie du collège, suivant la même trace que moi quinze ans auparavant, il réussit le concours d’entrée à l’École Normale d’instituteurs de Colmar. Sa formation achevée, il fait ses premières armes comme instituteur avec un passage en école maternelle à Thann. 

Mais tandis que j’ai suivi jusqu’à la retraite une carrière sagement linéaire dans l’Éducation Nationale, Jacques n’a cessé de chercher d’autres formes d’activités et d’accomplissement. 

C’est ainsi que le jeune instituteur poursuit des études de psychologie jusqu’à la maîtrise, ce qui lui ouvre les portes de la fonction de conseiller d’orientation. Il exerce cette nouvelle profession de 1983 à 1985 à Guebwiller, tout en animant, pendant ses loisirs, une émission de cinéma sur une radio locale à Cernay.

Jamais prisonnier de la routine, Jacques se met en disponibilité en 1985 avec l’objectif de préparer une thèse de psychologie à la Sorbonne. A Paris, il devient critique de cinéma dans "Hebdogiciel". Ce magazine au style libéré et décapant accompagne la montée en puissance de l’informatique dans les années 1980. Jacques se souvient que sa rubrique destinée à un public d’adolescents se devait d’être « drôle et vulgaire » ! Pour les besoins de ses critiques, il fréquente les festivals : Cannes, Deauville, Avoriaz... 

 

Si "Hebdogiciel" disparaît en 1987, Jacques ne reste pas sur le pavé : il travaille à la pige pour la revue "L’Étudiant" à qui il donne des articles sur le thème de l’éducation. C’est dans ce contexte que paraissent ses premières publications : Que faire avec un bac C ? puis plus tard Que faire avec un bac A ?, ouvrages actualisés après le changement de nom des bacs et mis à jour chaque année. Jacques reste à "L’Étudiant" jusqu’en 1989, date à laquelle il entre pour un an au quotidien "Libération". Il y crée et dirige le cahier  Avenirs  qui traite des questions d’orientation et d’avenir professionnel. C’est également le moment où il démarre la rédaction de son premier roman.

 

Cette période voit aussi un tournant de la vie privée du jeune journaliste. Il se marie en 1988 avec Francine ; de cette union naissent leurs deux fils, Lucas et Hadrien.

De 1990 à 1992, le jeune papa entre chez "Bayard Presse" où il élabore Talents, un projet de journal mensuel d’informations pratiques et culturelles pour la tranche des 18/25 ans.

En 1992, c’est le retour en Alsace. Après deux ans à Strasbourg et un prestigieux intermède d’un an comme pensionnaire à la Villa Médicis à Rome, Jacques installe sa famille dans la maison de son enfance à Guewenheim.

 

 

 

 Depuis cette date, sa production littéraire prend de l’envergure et se diversifie. Le premier roman  Les furtifs paraît en 1992 suivi par La chair de l’ange en 1994 et Tous les hommes en 2002. Par ailleurs, Jacques s’essaie à divers genres. Il publie entre autres Fermes-auberges dans les Vosges, Les grands écrivains français, et, avec Pascale Leroy, Lettres aux parisiens et aux provinciaux, tout en collaborant avec des journaux parisiens et au magazine "Livres" de FR3 Alsace. Associé à Didier Clad, il signe des textes inspirés par les estampes du plasticien.

 

 

En littérature jeunesse, Jacques publie une trentaine de titres dont Contes et légendes d’Alsace  et le fameux Mort subite au stade qui a tenu en haleine nombre de classes de CM2 dans l’euphorie de la Coupe du Monde 1998. (réédité en 2002 et 2006).

 

Depuis 1997, Jacques a encore coiffé de nouvelles casquettes. Chargé de la critique littéraire du journal "L’Alsace-Le Pays", il livre chaque semaine une chronique centrée sur une oeuvre, un auteur, un thème littéraire ou un événement de l’univers du livre. Homme-orchestre des lettres, il court d’une prestation scolaire à un atelier d’écriture et de l’animation d’un Café Littéraire à celui d’un colloque franco-allemand. Il est également conseiller littéraire de la Foire du livre de Saint-Louis. Mais il garde le contact avec le terrain social réel en assurant des cours de français dans un CFA de Mulhouse.   

Dans les années 2000, Jacques continue de régaler le jeune public avec les nombreux tomes des séries Gagne ! et Musik et Compagnie. Pour les plus petits paraît Notre Amérique à nous ainsi que Contes et légendes des animaux magiques

 

 

 

En mars 2017, après un hiatus de quinze ans, Jacques publie son quatrième roman de littérature générale : On a aimé des poisons qu'il qualifie de livre de "rédemption et d'initiation." L'action est située à Berlin où, pendant un an, l'auteur a séjourné dix jours par mois pour écrire.

 

 

 

 

 

   Jacques Lindecker en 2017, à l'occasion de la sortie de son nouveau roman.

 
                  Côté Courts...                    

                                                                                                                                          

Malgré la palette étendue de ses activités professionnelles, Jacques reste fidèle au tennis, tant en équipe de club qu’en pratique individuelle. 

 

Depuis dix ans nos parties de tennis continuent d’être palpitantes. Pugnace, ne désespérant jamais de la victoire, Jacques se bat sur toutes les balles. Investi totalement dans la bagarre, il vit le tennis comme une aventure chaque fois recommencée. Chaque jeu est un combat, chaque set une bataille, chaque match une épopée !

 Le duel sportif physique se double d’une lutte au niveau du mental ! Le jeu nourrit le dialogue entre le « Moi » qui veut jouer juste et cet autre nous-même souvent maladroit qui tient la raquette. Dans ce sens, pour chacun de nous, une rencontre de tennis est aussi une catharsis. Les exclamations libératrices et les injonctions à nous-mêmes fusent, alternant avec les autocritiques et les noms d’oiseaux que nous nous infligeons !

 Malgré la passion de l’affrontement, l’esprit sportif demeure impeccable. Correction, élégance, honnêteté de l’auto arbitrage, fair-play ne sont pas de vains mots.

 

 

 De retour sur le banc, cordialité et humour prennent le relais du bouillonnement frénétique des jeux. Parfois, c’est l’occasion de quelques digressions littéraires. Alterner le bonheur de l’effort physique et mental du sport avec quelques fugaces détours par les joies de l’esprit, quoi de plus exquis ?

 

 

 

 

Jacques (à gauche) et moi (à droite) avec l'équipe vétérans + 45 ans du TC de Guewenheim. 

Merci Jacques pour ces vingt ans de tennis-littérature-passion !

Henri Ehret, décembre 2007

Actualisation : mars 2017

 Références des ouvrages cités :

 Que faire avec un Bac L, Éditions L'Étudiant , février 2006, ISBN : 9782846245111 (édition annuelle chaque mois de janvier)

 Que faire avec un Bac S, Éditions L'Étudiant, janvier 2000, ISBN : 9782846245128 , ( édition annuelle chaque mois de janvier)

 Les furtifs, Éditions Belfond, septembre 2002, ISBN : 9782714439420

 La chair de l'ange, Éditions Belfond, mars 1998, ISBN : 9782714431318

 Tous les hommes, Éditions Gallimard, août 2002, ISBN : 9782843351259

 Les grands écrivains français, Éditions L'Étudiant , octobre 2002, ISBN : 978-2846242622

 Fermes-auberges dans les Vosges, Éditions La Nuée Bleue, octobre 1993, ISBN : 9782716503013

 Lettres aux parisiens et aux provinciaux, Éditions Presse de la Cité, avril 1993, ISBN : 978-2258037083

 Contes et légendes d’Alsace , Éditions Nathan, mai 1997, ISBN : 9782092823064 

 Mort subite au stade, Éditions Nathan, avril 2006, ISBN : 9782092511152

  Sources des images :

 Villa Médicis : www-rocq.inria.fr/.../ Rome/diapo_pub_23.html.

 Tous les Hommes : http://www.alapage.com/-/Fiche/Livres/9782843351259/

 Que faire avec un  bac L : http://www.amazon.fr/Que-faire-avec-bac-L/dp/2846243980

 Mort subite au stade : http://www.amazon.fr/Mort-subite-stade-Jacques-Lindecker/

 On a aimé des poisons : https://www.amazon.fr/ 

 Jacques Lindecker en 2017 :  http://c.lalsace.fr/actualite/2017/03/02/clinique-de-la-redemption

 Les autres photos sont de l'auteur.

Si vous voulez joindre Jacques, voici son adresse : lindej arobase free point fr