LE repli de l’armée française dans la vallée de la doller en juin 1940. 

d'après les notes du Capitaine Maurice Schmitt.

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Cet article a paru initialement sous ma signature en novembre 2006, dans Patrimoine Doller n° 16, revue publiée par La Société d'Histoire de la vallée de Masevaux.

 

 

Mes remerciements à mon ami André Perrin de Brunstatt qui m'a confié les archives laissées par son oncle par alliance, le Capitaine Maurice Schmitt. Parmi ces documents, un précieux carnet où l’officier relate heure par heure le repli de son unité pendant les jours tragiques de juin 1940. L'article ci-dessous reproduit les épisodes les plus marquants de ces événements survenus dans la vallée de la Doller.

 

 

 

 

 

 

Maurice Schmitt est né à Mulhouse le 18 janvier 1899. A l’âge de 18 ans, il est mobilisé dans l’armée allemande et participe à la Première Guerre Mondiale. Il est démobilisé le 13 novembre 1918. En 1920, il effectue son service militaire dans l’armée française et l’année suivante il participe à une formation d’officier de réserve. A la veille de la Seconde Guerre Mondiale, il est capitaine.

 
 

Première page du "Soldbuch" allemand et du Livret militaire français de Maurice Schmitt. 

 

La situation en juin 1940.

Après l’invasion du nord de la Belgique et de la France par les troupes allemandes à partir du 10 mai 1940 et les revers subis dans les Ardennes, à Dunkerque, sur la Somme et dans l’Aisne, l'ordre de retraite générale est donné le 12 juin 1940. Paris, déclaré ville ouverte, est pris par la Wehrmacht le 14 juin 1940. Le 16 juin, les troupes allemandes atteignent la Loire et le 19 juin, la côte Atlantique. Le 20, Lyon et Brest sont également occupés. Toute la partie Nord et Ouest de la France passe sous le contrôle allemand. L’Alsace, derrière la ligne Maginot reste à l’écart de l’invasion jusqu’au 15 juin 1940 quand la Wehrmacht franchit le Rhin à la hauteur de Marckolsheim. Les troupes françaises postées le long du Rhin se replient alors vers les Vosges.  Leur situation est désespérée, les Allemands étant à la fois derrière dans la plaine et devant eux sur le versant Ouest et les crêtes des Vosges.

A cette situation stratégique compromise s’ajoute une situation morale catastrophique en raison du discours prononcé le 17 juin par le Maréchal Pétain, nouveau président du Conseil. En effet, il déclare :

 «Je me suis adressé cette nuit à l'adversaire pour lui demander s'il est prêt à rechercher avec nous, entre soldats, après la lutte et dans l'honneur, les moyens de mettre un terme aux hostilités."

Cette formulation peut laisser entendre que les combats doivent cesser immédiatement. Aussi l’esprit de combat s’effondre et même si de jeunes soldats et officiers résistent avec panache sur la Loire, de nombreuses unités se débandent ou se rendent.  

 

 Résumé des premières pages du carnet.

Le 17 juin 1940, à 12 Heures, le Capitaine Maurice Schmitt en position à Niffer reçoit l’ordre de se replier avec son bataillon, le IIIe/171e RIF vers Mulhouse. Après destruction des armes et des vivres qui ne peuvent être emportés, le mouvement commence vers 19 Heures 30 et doit conduire les troupes à Brunstatt par Habsheim, Eschentzwiller, Zimmersheim et Bruebach. Le 18 juin vers 3 Heures 30, l’ordre arrive de protéger la ligne de chemin de fer entre Dornach et Lutterbach.  Puis, à 5 Heures, l’unité reçoit mission de se replier sur Guewenheim et de défendre cette localité. Le Bataillon se met en route à 8 Heures 30 par Heimsbrunn à l’heure où les premiers éléments allemands entrent à Mulhouse. C’est donc talonnées par l’ennemi que les troupes françaises prennent la direction des Vosges.  

 

 

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