Histoire locale d'Oberbruck.

 

 

Jules et Julie.   

Amours enfantines à Oberbruck en 1833.

 

 

Nota :

Les passages en vert sont des citations et des extraits transcris sans modification des sources consultées. 

Les notes dans la colonne de droite apportent un complément d'informations aux noms et termes soulignés.

 

Cette idylle, empreinte de poésie et de nostalgie, est racontée par l'un de ses protagonistes dans son ouvrage autobiographique "Souvenirs 1817-1878" paru en 1883. Son auteur est l'homme de lettres, poète et philosophe, Jules Tréfouël.

Jules Tréfouël est né au Havre en 1817, dans une famille de négociants maritimes aisés mais dont la fortune déclinait. A l'âge de huit ans, il a la douleur de perdre sa mère. Ce malheur le marque pour la vie. Privé si jeune de l'amour maternel, son existence sera une quête sentimentale à la recherche de douceur féminine, d'affection et de tendresse.   

 

 

Le Havre (Seine-Maritime)

 

 

 

Un quatre-mâts sortant du Port du Havre vers 1855.

 

La famille Tréfouël avait bâti sa fortune sur le commerce maritime notamment avec les Antilles. Mais en raison des négligences de son père, le négoce familial périclita et Jules dut trouver un emploi pour vivre.    

 

 

 

Origine de l'image : blog de Damien Patard "Le Havre d'avant..." 

En 1825, l'enfant est placé au collège d'Eu, à 130 Km du Havre. A huit ans c'est le plus jeune élève de ce pensionnat où la vie est rude. Les rares retours en famille ne lui apportent pas de réconfort. Son père s'est remarié avec une jeune femme de 24 ans que Jules, malgré les pénitences qui lui sont infligées, refuse obstinément d'appeler maman. Un demi-siècle plus tard il écrira : "Le souvenir de ma mère m'était d'autant plus cher que l'on cherchait tous les moyens de me le faire oublier".   

 

 

Eu (Seine-Maritime)

 

La petite ville normande, située à 4 km de la mer, est dominée par la chapelle du collège des Jésuites construite au XVIIe siècle.

 

Gravure du XIXe siècle. Origine : site "Patrimoine Normand"

 

Jules poursuit ses études au collège d'Eu jusqu'à l'âge de 14 ans. Son grand-père qui paie sa pension, veut qu'il fasse des études classiques pour devenir professeur ou médecin. En 1831, il décide d'envoyer Jules en Alsace, au collège de Thann. Le choix de cette ville éloignée de plus de 600 km du Havre n'est pas expliqué dans les souvenirs de Tréfouël.

 

Quand Jules Tréfouël se remémore le cours de son destin, son séjour thannois apparaît comme la période la plus sombre de sa vie.   

Le voyage jusqu'en Alsace est à lui seul une pénible épreuve : arrivé à Paris, le collégien doit attendre une semaine pour obtenir une place dans la diligence. Placé sur l'impériale, il passe deux nuits sans dormir et il serait mort de froid si, prises de pitié, les dames de l'intérieur ne s'étaient pas serrées pour l'accueillir et le couvrir de leurs vêtements.

Voici comment il relate son arrivée à Thann :

"Arrivé au collège de la ville de Thann située au milieu d'immenses forêts de sapins, on peut concevoir ce que j'éprouvais dans l'attente d'être enfermé cinq ou six ans au fond d'une vallée malsaine des Vosges, entourée de hautes montagnes qui regardent mélancoliquement les Alpes couronnées de neiges éternelles, cloîtré entre quatre murs où l'on ne parlait qu'en allemand : je disais en soupirant : Carcere duro [dure prison], funeste destin !

 

 

Thann (Haut-Rhin).

 

La petite ville alsacienne, située à l'entrée de  la vallée de la Thur, se serre autour de la collégiale gothique construite entre le XIVe et le début du XVIe siècle.

Au second plan, le vignoble du Rangen. Jules Tréfouël se souvenait des fêtes des vendanges auxquelles il avait assisté. 

 

Origine de l'image : extrait de carte postale. 

La vie au collège n'est que travail acharné : "Nos travaux incessants ne laissaient que le temps de prendre les repas ; nous nous levions à quatre heures du matin en été, et à cinq heures en hiver ; à dix heures du soir on était encore à l'étude, sans pouvoir terminer les nombreuses leçons données à chaque heure du jour." Pour le jeune exilé loin de sa Normandie, même les vacances ne sont pour lui "qu'une étude continuelle et forcée."

Jules souffre de "la routine décrépite" de sa vie de collégien, "de cette longue uniformité du pensionnat pendant dix mois de l'année, les jours se ressemblent exactement comme une messe que le prêtre est forcé de répéter tous les matins avant son déjeuner."

Au moment de tirer le bilan de ses études à Thann, il écrit : "Pendant les cinq ans de ma dure prison, sans avoir ni repos ni vacances et sans revoir Le Havre, je faillis perdre la vie à la suite de fièvres qui indisposaient tous les pensionnaires, au printemps, soit par trop de travail, soit à cause des eaux sales des puits, ou d'une nourriture pâteuse, lourde, qui ne peut convenir qu'aux Allemands."  

 

 

Mais par bonheur, ces longues années austères et tristes ont connu un intermède de bonheur, une embellie d'amour et de sentiments dont Jules Tréfouël a gardé le souvenir jusqu'à ses derniers jours. En effet, en 1833, Jules est invité pour les deux mois de vacances à Oberbruck, dans la famille d'un camarade du collège.

Laissons Jules Tréfouël dérouler ses souvenirs cinquante ans plus tard :  

"J'avais un bon camarade ; son père... me retint pendant toutes les vacances, dans son pays situé au milieu des plus hautes montagnes des Vosges, non loin des deux ballons. Le village est un véritable nid d'amour, inconnu même d'une grande partie de l'Alsace ; il a nom Oberbrouck ; en français, au-delà du pont : ce nom tire probablement son origine de la petite rivière qui traverse son territoire ; à l'époque il n'y avait pas de route, on devait signer cette localité par cette simple locution.

La nature a prodigué ses merveilles pour embellir Oberbrouck par des forêts de sapins dont la verdure éternelle embaume l'air pur et doux, des jardins et des bosquets à profusion d'où jaillissent des sources d'eau limpide comme le cristal, des bassins naturels vivent des poissons de toute espèce, des vergers avec des fruits en abondance, des prairies arrosées par des lacs, grands réservoirs placés au haut des montagnes, que l'on croirait creusés pour donner la fraîcheur en été aux habitants de ce hameau isolé, préservé en hiver des vents glacials du nord.

C'est dans ce paradis terrestre, dans la jolie villa d'une petite demoiselle de huit ans, qui était aussi en vacances, que j'ai fait un séjour de deux mois de bonheur. 

La maison située au bas d'une montagne, était habitée par un riche filateur de coton ; il devait sa fortune à son travail et à son intelligence, et ce qui le rendait encore plus heureux dans sa vieillesse, c'était l'amitié de sa femme et le dévouement de ses enfants, un fils et trois filles.

Mon camarade de classe était à peu près de mon âge ; sa sœur aînée avait seize ans ; la cadette, la petite fille de huit ans, me comblait des plaisirs que l'on peut désirer à quatorze ans. 

Par l'effet du hasard, nous avions le même petit nom : la mère était heureuse de voir les jeux et les espiègleries de Jules et de Julie. L'aimable enfant avait déjà des traits bien accentués, d'une beauté rare en Alsace. Ses longs cheveux châtain-clair tombant sur le dos, en tresses, à la mode des Suissesses, ses grands yeux bleus brillants sous des cils bien fournis que faisait ressortir son teint mat, composaient ces jeunes attraits parfumés de cette volupté des sentiments les plus purs qui effleurent l'amour sans le provoquer.

Aux repas, j'étais auprès de Julie ; nous ne nous quittions pas une seule minute. Julie connaissait le pays et ses environs ; elle en profitait pour demander à sa maman de me faire connaître les curiosités des montagnes de son village. La maman était enchantée d'une si grande amitié ; pouvait-on prévoir que cette innocente liaison d'enfant allait se changer en amour passionné et bientôt compromettre la santé de sa fille ?

Nous allions comme deux amants de vingt ans nous asseoir sur les tapis de mousse, à l'ombre des chênes centenaires, au milieu de gigantesques pierres druidiques. Là, seuls, n'ayant pour témoin de notre amour qu'une nature imposante, nous parlions de nos projets de mariage. Julie était triste en me disant qu'il lui fallait attendre sept ans, avoir une dot pour me donner une étude de notaire ; elle me choisissait ma future fonction. Après ces petits entretiens qui étaient aussitôt divulgués, on se faisait des serments d'amour et de fidélité. Sa conversation était d'une personne au-dessus de son âge ; elle devenait plus sérieuse et animée ; elle m'écrivait le matin ses pensées et ses rêves de la nuit ; puis, cette chère enfant m'offrait à mon réveil, des bouquets, des rubans, des souvenirs.

J'étais heureux d'être aimé, bonheur fugitif de la vie ; je jouissais au milieu de l'abondance et de la richesse de cette honnête famille, de tous les enchantements qu'un poète peut souhaiter..."

bon camarade : il s'agit de Constant Zeller, fils de Ferréol Zeller (1789-1841)

Oberbrouck : cette orthographe correspond phonétiquement à la prononciation allemande du nom du village.

 

 

 

 

un riche filateur : Ferréol Zeller avait fondé avec son frère Joseph la filature d'Oberbruck en 1822.

Mon camarade de classe : Constant Zeller avait 3 ans de moins que Jules Tréfouël.

sa sœur aînée : Eliza Zeller, née en 1818.  

la petite fille de huit ans : Julie Zeller, née en 1825. La troisième fille était Louise Zeller, née en 1833.

à quatorze ans : en réalité, Jules avait alors 16 ans. 

 

 

 

 

 

attendre sept ans : en 1833, l'âge minimal du mariage pour les filles était de 15 ans (il était de 12 ans avant la Révolution) 

 

Oberbruck (Haut-Rhin).

 

Vue sur le village et la haute vallée de la Doller vers le milieu du XIXe siècle. Au fond, le Ballon d'Alsace.

Lorsque Jules Tréfouël y a passé ses vacances en 1833, la filature au cœur du village n'était pas aussi importante que sur cette gravure. 

 

"A la fin des vacances, la petite fille ne dormait plus ; de grosses larmes tombaient sur ses joues, avec l'abondance de son jeune âge ; ses yeux étaient ternes depuis que je lui avais appris notre séparation pour ne nous revoir que dans un an. Julie me mettait les mains dans ses petites mains en me faisant promettre de lui rester fidèle, de lui écrire souvent :

- Si vous ne revenez pas, en accentuant ses paroles d'un air résolu, je tomberai malade pour en mourir !

Elle disait vrai : ma petite Julie fut sérieusement malade. La maman étonnée d'un attachement si extraordinaire, employa la ruse à son regret, pour nous éloigner. Une tante, sa marraine, qu'elle aimait beaucoup, fit le voyage de Massevaux. Cette tante devait l'emmener chez elle et lui persuader que sa présence était nécessaire, avant de rentrer à sa pension de Massevaux : je l'engageais moi-même à partir ; on eut bien des difficultés à la déterminer. Ses hésitations durèrent trois jours ; voyant le chagrin dont elle était la cause, avec une résolution désespérée, cette charmante enfant sauta dans mes bras pour m'embrasser. C'était la première fois que je recevais un baiser, ce devait être, hélas, le dernier ! 

Le départ fut un deuil dans la maison ; je rentrais avec son frère à notre collège, qui me parut plus triste, plus ennuyeux. Il y avait un mois que nous étions assis sur les bancs, lorsque la mère de la petite fille vint dans l'intention de nous consoler. Madame X était chargée de cadeaux avec une lettre ; une tresse de cheveux, un porte-montre, une bourse en perles à mes initiales, des bonbons, des confitures. La bonne mère m'apprit que sa fille avait été très malade : on lui avait promis d'aller me voir, de m'offrir ses présents, ses souvenirs, afin d'activer la guérison et de la rendre plus raisonnable.

Madame X. me fit écrire une lettre qui lui donnait l'espoir de me revoir bientôt. En prenant mon épître, elle me dit :

- Si Julie est plus malade, une voiture sera à votre disposition, vous resterez, avec la permission du Principal, jusqu'à sa guérison.

Le temps calme les souffrances physiques et morales, quand la souffrance ne vous tue pas. La petite Julie était triste et rêveuse. Aux grandes vacances de l'année suivante, elle versait encore quelques larmes, en passant par les endroits qui lui rappelaient nos projets. Je la payais bien de retour : nos adieux avaient pénétré mon cœur ; je me voyais continuellement près d'elle et de ses bons parents ; je travaillais pour mériter son amitié.

Le destin en avait décidé autrement ; la famille, avec une prudence louable, ne voulut pas nous faire rencontrer une seconde fois. J'avais achevé mon cours de philosophie et obtenu le premier prix. L'espoir de me faire couronner par mon amie y avait contribué ; elle ne vint pas à la distribution des récompenses.

Je partis sans avoir eu la satisfaction de voir les traits de Julie... Cette chère enfant a été l'un de mes plus doux souvenirs, il me suivra toujours. 

Les échos de cette belle vallée solitaire, les sentiers ombreux et verdoyants, les grandes pierres druidiques de la montagne du Puppelestein n'entendront plus de longtemps les paroles d'espérance et d'amour de deux amants si jeunes et si naïfs de sentiment."

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame X : Mme Ferréol Zeller, née Marie Steger (1793-1854)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puppelestein : "le rocher des bébés". Des photos de ce site en cliquant ici. En 1833, le rocher n'était pas encore surmonté d'une statue de la Vierge. 

Destinée des trois principaux acteurs de ce récit.

 

Julie Zeller.

Après le décès prématuré de son père en 1841, Julie Zeller et sa famille quittent Oberbruck et s'installent à Bitschwiller-lès-Thann, auprès d'Eliza, l'aînée des filles, qui y réside avec son mari, l'industriel Édouard Stehelin. En 1844, Julie épouse Charles George, inspecteur des Forêts. Sa fille Marie, qui a vécu 102 ans, lui donne deux petits-fils : Henri de Peyerimhoff, haut-fonctionnaire et président de diverses sociétés minières, et Paul de Peyerimhoff, ingénieur général des Eaux et Forêts. Julie Zeller meurt en 1905 à l'âge de 80 ans.

 

 

Jules Tréfouël.

En 1835, à l'issue de ses études au collège de Thann, Jules Tréfouël retourne en Normandie. Il entre dans la fonction publique et travaille dans le service des douanes à Saint-Brieuc, Orléans et Abbeville. Sa vie sentimentale est tourmentée. Porté sur les amours romantiques, il se heurte aux mœurs des familles bourgeoises où l'on épouse davantage une dot ou une rente que l'élue de son cœur. En 1845, il se résout à se marier avec Héloïse Saunteron qui lui donne une fille, Camille. Malheureusement, deux ans après cette union, Héloïse, atteinte d'une maladie nerveuse, entre dans une maison de santé où elle reste 22 ans, jusqu'à son décès. En 1863, Jules perd aussi sa fille Camille. Il se souvient : 

"J'avais encore un doux souvenir dans ma Camille, ma fille chérie : hélas, j'eus la douleur poignante de la voir dans les angoisses terribles de l'agonie, à dix-huit ans, atteinte de la fièvre typhoïde, dans tout l'éclat de sa beauté, de son intelligence où se développait une douceur angélique..."

En 1875, Jules Tréfouël se remarie avec Delphine Couillard mais le couple ne dure pas : en 1883, le tribunal civil de la Seine prononce la séparation de corps en "reconnaissant la parfaite honorabilité de M. Tréfouël victime des odieuses calomnies de son épouse." [extrait du journal Le Radical, Paris 1883]

Jules Tréfouël a plus de 60 ans quand il publie ses écrits. Ceux-ci révèlent un poète romantique et un érudit visionnaire. Admirateur notamment de Jean-Jacques Rousseau, François-Vincent Raspail et Victor Hugo, c'est un républicain convaincu ; il croit au progrès et à une morale universelle indépendante des religions. Il revendique une éducation renouvelée, libérée des Jésuites et dispensée également aux deux sexes. Il pressent que la raison et la science révolutionneront la vie de l'Homme.

Son livre "Souvenirs 1817-1878" s'achève par ce credo : 

"Mes recherches et ma conduite ont toujours pour principe ces deux termes de la morale indépendante :

Vérité dans la science,

Justice dans la morale."

Jules Tréfouël meurt à Bourg-la-Reine en 1895 à l'âge de 77 ans.

 

Constant Zeller.

Constant Zeller achève ses études à Thann où dès l'âge de 15 ans il a attiré l'attention des lettrés par de jolies poésies. La mort de son père en 1841 entraîne la dissolution de la société textile familiale d'Oberbruck. Le jeune Constant doit quitter son village natal et chercher une autre voie pour son avenir. C'est dans la fabrication de tuyaux en terre cuite pour la conduite de l'eau et du gaz qu'il trouve réussite et fortune. Son usine d'Ollwiller à Hartmanswiller emploie plus de 100 ouvriers en 1870.

"Pionnier d'une industrie nouvelle, ... Constant Zeller allait faire souche à Ollwiller. Aux alentours de 1855, il fit l’acquisition du château de Hartmannswiller... En 1857, il épousa, en premières noces, Françoise Catherine Reichenecker, la fille aînée de son ancien associé, puis, après le décès de cette dernière en 1860, sa sœur cadette Marie Philippine Louise Reichenecker en 1866." [extrait de l'article de Bertrand Risacher cité en sources.]

Huit enfants sont nés de ces unions. Le château de Constant Zeller à Hartmanswiller devient le rendez-vous des intellectuels de la région où l'on discute archéologie, histoire, lettres et art.

Un demi-siècle plus tard, Constant Zeller n'a pas oublié son camarade normand exilé à Thann. En mai 1883, il écrit une préface au livre "Souvenirs 1817-1878" de son ancien condisciple. En voici deux extraits :

"Mon ami, je suis heureux de pouvoir te remercier de n'avoir pas oublié, dans tes souvenirs, ce petit coin de terre je suis né, le village d'Oberbrouck, qui a fait modestement son nid, au fond de la riante et pittoresque vallée de Massevaux...

Je parle souvent de toi, cher Jules, à mes enfants et à leur bonne mère qui me donnent toute leur affection ; je leur parle de toi comme d'un frère absent avec lequel j'ai passé les moments les plus heureux de ma jeunesse."

 

En guise de conclusion.

 

 

Voilà bientôt deux siècles que Jules et Julie ont vécu leur inoubliable attachement à Oberbruck. A la lecture du récit de Jules Tréfouël, comment ne pas penser au poème "Moesta et errabunda" où Baudelaire évoque l'inaccessible retour au bonheur innocent de l'enfance : 

 Mais le vert paradis des amours enfantines,

L'innocent paradis, plein de plaisirs furtifs,
      Est-il déjà plus loin que l'Inde et que la Chine ?

Oberbruckois du XXIe siècle, qui aimez vos forêts, vos bosquets, vos sources et vos rochers, ayez une pensée pour ceux qui avant vous les ont chéris ! 

 

 

Henri Ehret, juin 2020.

 

Contacter l'auteur.

 

 

Sources :

- l'autobiographie de Jules Tréfouël "Souvenirs 1817-1878". Cet ouvrage est téléchargeable sur le site Gallica. Il est aussi en vente sur Amazon et AbeBooks.

- le site Geneanet, en particulier l'arbre généalogique de M. Patrick Bureau.

- Patrimoine Doller n°26 paru en 2016. Article de M. Bertrand Risacher : "S'exiler pour réussir... Itinéraire de Constant Zeller de la vallée de la Doller à Ollwiller." 

- Wikipedia.

 

 

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